Comment une simple affaire de plein d’essence a failli provoquer une crise au Kawkab de Marrakech

Le bus du Kawkab de Marrakech

Une simple demande logistique a failli déclencher une véritable crise interne au Kawkab de Marrakech. Entre tensions en coulisses, désaccords avec la direction et fronde des supporters, l’épisode autour de Hicham Dmii révèle des fissures préoccupantes à quelques jours d’un rendez-vous important face au Wydad.

Le 22/04/2026 à 10h59

Tout part d’un détail anodin, presque banal dans la vie d’un club. Un appel, une consigne logistique, et pourtant, en quelques heures, la situation a pris une tournure inattendue au Kawkab de Marrakech.

Selon les éléments rapportés, le président Driss Hanifa demande à son entraîneur, Hicham Dmii, de faire un détour par une station-service afin de ravitailler le bus de l’équipe, en route vers Fqih Ben Salah pour un match de Coupe du Trône. Une demande simple, mais qui va servir de déclencheur à une vive altercation.

Dans un communiqué, le président évoque une «crise d’hystérie» de son coach, accusé d’avoir tenu des propos virulents devant les joueurs et le staff. Une version officielle rapidement contestée en coulisses, où l’on assure que l’incident n’est que la conséquence d’un malaise bien plus profond.

Car les tensions ne datent pas d’hier. En interne, le climat s’était déjà dégradé entre Hicham Dmii et le directeur sportif Zaid Blinda. L’entraîneur aurait mal vécu certaines interventions jugées intrusives dans son travail quotidien, estimant que son autorité était fragilisée. Le fait que la direction ait clairement affiché son soutien à Blinda n’a fait qu’envenimer la situation.

Face à ces accusations, le KACM a rapidement repris la main sur le plan communicationnel. Le club a rejeté toute idée d’ingérence et a annoncé la convocation de Dmii devant la commission de discipline et d’éthique, une manière de recadrer publiquement le technicien.

En parallèle, et comme souvent dans ce genre de crise, la question de la succession s’est invitée dans le débat. En interne, des discussions auraient été engagées, et le nom de Mohamed Amine Benhachem, fraîchement libéré par le Wydad, a circulé avec insistance.

Mais la réaction la plus forte est venue des tribunes. Du côté des supporters, la pilule ne passe pas. Une fronde s’est rapidement organisée, notamment sur les réseaux sociaux, où de nombreux fans ont dénoncé une gestion jugée opaque et un traitement injuste réservé à leur entraîneur. Les communiqués du club sont pointés du doigt, accusés d’être à sens unique, davantage destinés à se dédouaner qu’à éclairer l’opinion.

Dans un contexte sportif déjà fragile, le KACM pointe à la 10e place après 15 journées, avec 16 points, cette crise tombe au plus mauvais moment. Pour beaucoup, ouvrir un front interne dans une phase aussi délicate n’a rien de constructif. La priorité, martèlent les supporters, reste la stabilité et la continuité.

Finalement, l’apaisement est venu par le dialogue. Hicham Dmii a présenté ses excuses à Driss Hanifa à l’issue de son passage devant la commission d’éthique, réaffirmant son attachement aux valeurs du club. Un geste accepté par le président, qui a tenu à rappeler la relation de respect entre les deux hommes et la nécessité de tourner la page.

L’épisode aura duré un peu plus de 48 heures, mais il laisse des traces. Car au-delà de l’incident, c’est bien le fonctionnement interne du club qui interroge. Et à quelques jours d’un rendez-vous important face au Wydad de Casablanca, une question demeure: le Kawkab a-t-il réellement refermé la parenthèse, ou simplement posé un pansement sur une fracture plus profonde?

Par La Rédaction
Le 22/04/2026 à 10h59