Maroc-Écosse: comment les Lions de l’Atlas peuvent faire tomber la Tartan Army

Andy Robertson et Achraf Hakimi

Après avoir séduit la planète football et tenu le Brésil en échec (1-1) lors de leur entrée en lice au Mondial 2026, les Lions de l’Atlas s’apprêtent à relever un défi bien différent, le 19 juin à Boston, face à l’Écosse. Plus directe, plus physique et particulièrement à l’aise dans les matchs fermés, la Tartan Army devrait proposer un tout autre visage que la Seleção. En quête d’un précieux succès dans la course aux seizièmes de finale, les hommes de Mohamed Ouahbi devront conserver la rigueur affichée au MetLife Stadium, tout en faisant preuve de davantage de maîtrise et d’efficacité dans les deux surfaces.

Le 16/06/2026 à 16h48

Le Maroc a démontré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleures sélections du monde grâce à son organisation collective et à sa discipline tactique affichées lors du match nul face au Brésil, mais il faut déjà tourner la page. Vendredi 19 juin à Boston, les Lions de l’Atlas seront confrontés à un défi bien différent face à une sélection écossaise robuste.

Face à la Seleção, le plan consistait à fermer l’axe, orienter la relance adverse vers les côtés et exploiter les transitions rapides. Face à l’Écosse, le défi sera de trouver des solutions pour désorganiser un bloc compact qui n’aura aucun complexe à laisser le ballon au Maroc.

Le piège écossais

Le premier piège à éviter pour les Lions de l’Atlas sera de tomber dans le type de rencontre recherché par les Écossais.

Contre Haïti (1-0), les hommes de Steve Clarke ont démontré qu’ils étaient capables de défendre pendant une longue période sans perdre leur organisation. Malgré une possession inférieure et un nombre important de tirs concédés, ils ont su préserver leur avantage grâce à leur discipline collective.

L’Écosse n’a pas besoin de contrôler le ballon pour être dangereuse. Au contraire, elle accepte volontiers de reculer, de défendre dans un bloc médian ou bas, puis de profiter de la moindre erreur adverse pour se projeter rapidement vers l’avant.

Les Lions de l’Atlas devront imposer leur rythme et éviter que la rencontre ne se transforme en succession de duels aériens, de centres et de deuxièmes ballons. Plus le match sera haché et physique, plus les Écossais seront dans leur zone de confort.

L’art de la maîtrise technique

Lors de la rencontre face au Brésil, le Maroc a montré de belles séquences de circulation du ballon grâce aux permutations permanentes des joueurs du secteur offensif.

La flexibilité positionnelle instaurée par Mohamed Ouahbi, avec les déplacements de Brahim Diaz, les projections du capitaine Achraf Hakimi ou encore les recentrages du latéral Noussair Mazraoui, a permis au Maroc de créer du mouvement et de nombreuses solutions entre les lignes.

Cette mobilité pourrait devenir une arme encore plus redoutable face à l’Écosse. L’objectif sera d’obliger son bloc à coulisser constamment, de multiplier les changements de rythme et de créer des décalages dans les demi-espaces.

La logique est simple: plus les Lions parviendront à faire courir leur adversaire latéralement, plus ils auront de chances de déséquilibrer une défense qui cherche avant tout à protéger l’axe et à défendre proche de sa surface.

La bataille du milieu

Malgré la présence de joueurs confirmés dans le milieu écossais comme Scott McTominay, John McGinn, Lewis Ferguson ou Ryan Christie, l’entrejeu écossais n’a pas totalement convaincu face à Haïti. L’une des clés de la rencontre pourrait donc se situer dans ce secteur.

Selon plusieurs observateurs écossais, le 4-4-2 mis en place par Steve Clarke a montré certaines limites dans ce domaine du jeu. L’Écosse a souvent été dominée numériquement au milieu de terrain, a eu du mal à conserver le ballon et a manqué de précision dans sa circulation.

Le sélectionneur de la Tartan Army pourrait ainsi abandonner son système à deux attaquants afin d’ajouter un milieu supplémentaire ou un défenseur pour renforcer l’équilibre de son équipe face au Maroc.

Le milieu de terrain s’annonce comme le véritable point névralgique de cette opposition. Si le quatuor composé de Neil El Aynaoui, Ayyoub Bouaddi, Azzedine Ounahi et Bilal El Khannouss parvient à dicter le tempo de la rencontre dès le début grâce à sa qualité technique et à son volume de jeu, le Maroc pourrait rapidement prendre le contrôle.

Le danger McTominay et des latéraux

S’il y a un joueur qui mérite une attention particulière, c’est bien Scott McTominay. Derrière son étiquette de milieu de terrain, le joueur écossais agit souvent comme un attaquant supplémentaire. Sa capacité à surgir dans la surface depuis la deuxième ligne constitue l’une des principales armes offensives de son équipe.

Les milieux marocains devront surveiller ses déplacements en permanence afin d’éviter qu’il ne profite des espaces laissés devant la défense. Mais le danger écossais ne se limite pas à McTominay.

Une grande partie du jeu de Steve Clarke repose également sur les couloirs. À gauche, Andy Robertson reste l’un des principaux créateurs de jeu de son équipe grâce à son activité sur le flanc gauche et à sa qualité de centre, tandis qu’à droite, Ben Doak apporte vitesse et percussion.

Dans ce contexte, les latéraux marocains Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui auront un rôle essentiel. Au-delà de leur apport offensif, ils devront empêcher Robertson et Doak d’installer leur jeu et de multiplier les projections ainsi que les centres vers la surface marocaine.

La clé du pressing

L’absence de Billy Gilmour continue de peser sur l’animation écossaise. Le milieu de Naples représentait l’un des principaux organisateurs du jeu de la Tartan Army. Sans lui, l’Écosse apparaît plus dépendante du jeu direct et éprouve davantage de difficultés à ressortir proprement le ballon sous pression. Or, la sélection nationale dispose de profils capables d’exploiter cette lacune.

Face au Brésil, les Lions de l’Atlas ont souvent enfermé la relance adverse sur les côtés grâce à un bloc compact en 4-4-2 et à un travail remarquable des attaquants pour couper les lignes de passe vers le milieu.

Lorsque Brahim Diaz, Ismael Saibari et leurs coéquipiers déclenchaient ensemble le pressing, les Brésiliens se retrouvaient régulièrement privés de solutions dans l’axe.

Reproduire ce mécanisme face à l’Écosse pourrait permettre aux hommes de Mohamed Ouahbi de récupérer des ballons dans des zones dangereuses et d’installer rapidement une pression sur le but adverse.

La faille Robertson

L’une des principales failles écossaises pourrait également se situer dans le dos d’Andy Robertson.

Le capitaine écossais apporte énormément offensivement, mais ses montées créent régulièrement des espaces exploitables derrière lui.

La sélection nationale possède plusieurs joueurs capables de profiter de ce type de situation, à l’instar d’Achraf Hakimi, qui adore attaquer la profondeur, de Brahim Diaz, qui excelle dans les transitions et les courses rapides, ou encore d’Ismael Saibari, véritable renard des espaces libres.

Chaque récupération haute pourrait devenir une opportunité de déséquilibrer la défense écossaise avant qu’elle n’ait le temps de se réorganiser.

Un défi différent, mais à la portée des Lions

Le match face à l’Écosse sera probablement moins spectaculaire que celui disputé face au Brésil. Il pourrait également exiger beaucoup plus de patience.

Les Lions de l’Atlas devront accepter de construire, de faire circuler le ballon et de chercher les failles dans un bloc compact plutôt que d’attendre les espaces offerts par les transitions.

Mais si les hommes de Mohamed Ouahbi parviennent à imposer leur maîtrise technique, à dominer l’entrejeu, à contrôler les projections de McTominay et à exploiter les espaces laissés sur les côtés, ils disposeront alors de tous les codes pour déchiffrer cette rencontre.

Face à une Tartan Army disciplinée mais présentant plusieurs failles, les Lions de l’Atlas semblent disposer des armes nécessaires pour faire la différence. Encore faudra-t-il réussir à imposer leur rythme et leur identité de jeu vendredi 19 juin au Gillette Stadium de Boston, lors d’un rendez-vous décisif dans la course à la qualification pour les seizièmes de finale.

Par Omar Nabile
Le 16/06/2026 à 16h48