Algérie: Zetchi, Amara et Zefizef, trois anciens présidents de la FAF, condamnés à de lourdes peines de prison

Charaf-Eddine Amara, Djahid Zefizef et Kheïreddine Zetchi, anciens présidents de la FAF.

La justice algérienne a rendu son verdict, ce mardi 27 octobre, dans l’affaire des irrégularités financière au sein de la Fédération algérienne de football (FAF). Trois anciens présidents de l’instance, Kheïreddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef, ont été condamnés à des peines allant de six à huit ans de prison ferme.

Le 27/10/2026 à 14h16

Le verdict est tombé ce mardi 27 octobre au tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Après plusieurs journées d’audience consacrées à la gestion financière de la Fédération algérienne de football (FAF), la justice a prononcé de lourdes peines de prison contre plusieurs anciens dirigeants de l’instance, dont trois des ses anciens présidents.

Kheïreddine Zetchi et Charaf-Eddine Amara ont été condamnés à huit ans de prison ferme, assortis chacun d’une amende d’un million de dinars algériens (soit près de 73.000 dirhams). Leur successeur, Djahid Zefizef, a écopé de six ans de prison ferme et d’une amende du même montant.

Les trois hommes se sont succédé à la tête du football algérien entre 2017 et 2023. Kheïreddine Zetchi a dirigé la FAF de 2017 à 2021, avant de céder sa place à Charaf-Eddine Amara (2021-2022), puis à Djahid Zefizef (2022-2023).

Le tribunal ne s’est pas limité aux anciens présidents. Deux ex-secrétaires généraux de la Fédération, Mohamed Saad et Mounir Debichi, ainsi que l’ancien directeur administratif Abdelghani Nekkache, ont été condamnés à trois ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars chacun.

L’ancien manager de la sélection algérienne, Amine Abdi, s’est vu infliger la même peine. Quant aux autres prévenus, parmi lesquels figurent d’anciens membres du bureau fédéral, les condamnations vont d’un à cinq ans de prison ferme.

Des contrats et des dépenses au cœur du procès

Ce verdict intervient au terme d’un procès portant sur des irrégularités financières dans la gestion de la FAF. Au total, dix-neuf anciens responsables de l’instance étaient poursuivis dans cette affaire.

Durant l’audience, les débats se sont notamment concentrés sur plusieurs contrats commerciaux, des dépenses engagés par la fédération et certaines décisions administratives prises sous les différentes présidences.

Kheïreddine Zetchi a été interrogé sur des contrats conclus durant son mandat, notamment avec l’équipementier allemand Adidas et une agence de voyages tunisienne. Pour sa défense, l’ancien patron de la FAF a soutenu qu’il ne pouvait être tenu personnellement responsable de l’ensemble des décisions financières de la Fédération, rappelant que celle-ci employait environ 120 personnes.

La justice s’est également penchée sur les dépenses effectuées pendant la pandémie de Covid-19, la location d’un appartement et les conditions de rémunération de l’ancien manager de la sélection.

Les condamnations prononcées ce mardi sont toutefois inférieures aux réquisitions du ministère public. Le parquet avait réclamé dix ans de prison ferme contre les trois anciens présidents, ainsi que contre deux anciens secrétaires généraux de la FAF. Il avait également requis sept ans de prison contre l’ancien manager des Fennecs et des peines allant de cinq à sept ans contre plusieurs anciens membres du bureau fédéral.

Par Adil Azeroual
Le 27/10/2026 à 14h16