Mondial 2026: le Sénégal, autopsie d’un échec annoncé

Pape Thiaw, sélectionneur du Sénégal. AFP or licensors

L’élimination du Sénégal face à la Belgique (3-2), mercredi 1er juillet, n’a fait que confirmer une tendance qui se dessinait depuis plusieurs semaines. Elle apparaît comme l’issue logique d’une Coupe du monde profondément perturbée par les turbulences qui ont secoué les vice-champions d’Afrique, bien avant le début de la compétition.

Le 02/07/2026 à 16h49

«Je rêve grand. Pour moi, le Sénégal aujourd’hui est la meilleure équipe du monde». Ces propos du défenseur central des Lions de la Teranga, Kalidou Koulibaly, résonnent aujourd’hui comme un cruel paradoxe après l’élimination de l’équipe de Pape Thiaw face à la Belgique de Rudi Garcia, mercredi 1er juillet.

Pourtant, les Sénégalais menaient 2-0 à la pause face aux Diables Rouges. Mais Romelu Lukaku et Youri Tielemans avaient tous deux d’autres plans pour les finalistes de la Coupe d’Afrique des nations, qui quittent le tournoi avec trois défaites pour une seule victoire, obtenue lors de la troisième journée de la phase de groupes face à l’Irak.

Mais si le Mondial 2026 de la «meilleure équipe du monde» s’est terminé ainsi, l’explication se trouve autant sur le plan sportif, avec forcément un Pape Thiaw et son staff pointés du doigt, qu’en interne, où plusieurs dysfonctionnements expliqueraient pourquoi l’aventure nord-américaine s’est arrêtée si brutalement.

Pape Thiaw et la Fédération sénégalaise entretenaient des relations compliquées. Le sélectionneur n’avait toujours pas de contrat officiel ni perçu le moindre salaire. Selon plusieurs sources, il avait même envisagé de ne pas participer au Mondial tant que la situation ne serait pas réglée.

Les primes impayées aux joueurs, révélées par un journaliste sénégalais, enfoncent davantage le clou. Et pendant la compétition, il avait également été révélé que les joueurs, insatisfaits du service à l’hôtel, auraient même dû commander leurs repas à l’extérieur.

Des éléments suffisamment lourds pour fragiliser un finaliste de la CAN 2025 déjà en difficulté. Mais les dernières révélations autour de la sélection viennent encore assombrir le tableau.

Selon le quotidien sportif français L’Équipe, les Lions de la Teranga n’auraient pu s’entraîner qu’une seule fois dans leur stade en raison du non-paiement des installations. Concernant le contrat de Pape Thiaw, il aurait été renouvelé puis «déchiré?», rapporte la même source.

Un staff incompétent?

Et si les problèmes ont commencé avant la compétition, il semble que, même pendant le tournoi, le Sénégal n’était pas prêt. «On passera sur l’arrivée d’un deuxième analyste vidéo en pleine compétition ou sur l’absence d’un observateur de la Norvège lors du premier match, juste avant de l’affronter. Voir aussi les «fédéraux» se pavaner avait de quoi irriter certains Lions fatigués de tout ça», poursuit L’Équipe.

Le quotidien pointe également une gestion du groupe jugée chaotique, notamment avec la conférence de presse d’avant-match face à la Belgique, assurée par le sélectionneur et Mamadou Sarr: «Un véritable calvaire pour le jeune défenseur jamais utilisé ici et qui doit ressortir de ce voyage américain terriblement frustré».

Pour autant, si certaines péripéties peuvent être incontrôlables, il semblerait que certains Lions de la Teranga estiment que le staff porte aussi une part de responsabilité. Pape Gueye, après l’élimination face à la Belgique, avait publié sur ses réseaux sociaux: «J’annonce aujourd’hui que tant que c’est ce staff technique je ferai une pause sur la sélection».

La Coupe du monde n’a pas été à la hauteur des attentes pour les Sénégalais. Surtout, elle a mis en lumière une sélection profondément fissurée en interne, avec le sentiment que cet échec était annoncé bien avant le premier coup d’envoi.

Par Le360 Sport
Le 02/07/2026 à 16h49