Ligue des champions: des hooligans algériens sèment le chaos au Nigeria après la défaite du MC Alger

Les supporters du MC Alger sèment le trouble au Nigeria

Soirée cauchemardesque au MKO Abiola Stadium d’Abeokuta, au Nigeria. Après la défaite du MC Alger face aux Enugu Rangers (2-0), des supporters algériens ont semé le trouble, provoquant des scènes de chaos dans l’enceinte sportive.

Le 19/10/2026 à 09h39

Deux buts encaissés en l’espace de cinq minutes (82e et 87e) ont scellé la défaite du MC Alger face aux Enugu Rangers (2-0), lors du match aller du deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF. Un revers qui aura suffi pour que les supporters du club algérois montrent une nouvelle fois leur visage le plus violent. Habitués des débordements, ils ont transformé leur frustration en une véritable démonstration de hooliganisme, saccageant les installations du MKO Abiola Stadium d’Abeokuta, au Nigeria. Des agissements qui ont poussé les Enugu Rangers à saisir immédiatement la Confédération africaine de football (CAF).

Violence, vandalisme et gestes obscènes

Dans une correspondance adressée à la CAF dans la nuit du 18 au 19 octobre 2026, les dirigeants des Enugu Rangers dénoncent une série d’incidents particulièrement graves. Une porte d’entrée du stade aurait été détruite, plusieurs supporters algériens se seraient introduits dans l’enceinte sans billet et des sièges auraient été vandalisés. Le tout dans un climat de désordre et de tension.

Dans cette même correspondance, les Enugu Rangers réclament l’intervention de la Confédération africaine. Le club nigérian ne cache pas ses inquiétudes à l’approche du match retour, prévu le vendredi 23 octobre à Alger. Tout en réaffirmant leur confiance en la CAF, ses dirigeants attendent des mesures concrètes pour éviter que les violences d’Abeokuta ne se reproduisent.

Les images largement diffusées sur les réseaux sociaux sont particulièrement accablantes. On y voit des supporters algériens hors de contrôle, s’en prenant aux installations du stade, multipliant les gestes obscènes à l’adresse des supporters adverses et des agents de sécurité, et lançant des projectiles depuis leur tribune.

Dans une autre séquence, plusieurs individus apparaissent dans les tunnels du stade, une zone strictement interdite au public. Ils semblent chercher à atteindre l’entraîneur Khaled Ben Yahia, visiblement désigné comme responsable de la défaite. La police nigériane a dû intervenir pour assurer la sécurité du technicien.

Plus grave encore, selon certains journalistes nigérians, des joueurs du MCA auraient été agressés jusque dans les vestiaires. Des accusations qui restent à confirmer, mais qui témoignent de la gravité des incidents rapportés.

Hooliganisme d’état

Le plus consternant dans cette affaire, c’est qu’elle n’a rien d’inédit. Le MC Alger traîne déjà un lourd passif disciplinaire sur la scène continentale. Et les sanctions précédentes ne semblent avoir servi à rien.

En avril 2025, le club algérois avait été reconnu coupable de plusieurs infractions au Code disciplinaire de la CAF, après les incidents survenus lors du quart de finale de la Ligue des champions face aux Orlando Pirates.

Le MCA avait alors écopé de deux matchs à huis clos à domicile et d’amendes totalisant 140.000 dollars. Son entraîneur adjoint, Mohamed Khezrouni, avait été suspendu pour quatre matchs, tandis que le joueur Abdelkader Oussama Menezla avait écopé de deux matchs de suspension, dont un avec sursis pendant un an.

Manifestement, ces sanctions n’ont pas suffi à calmer les ardeurs des fauteurs de troubles. Les mêmes scènes se répètent, les mêmes comportements refont surface et les mêmes excuses risquent encore d’être avancées pour tenter de justifier l’injustifiable.

Et le phénomène dépasse largement le seul MC Alger. En avril 2026, des supporters de l’USMA, autre club de la capitale algérienne, avaient envahi la pelouse du stade Al Massira de Safi, lors de la demi-finale retour de la Coupe de la CAF. Jets de projectiles, fumigènes, insultes et mouvements de foule avaient transformé l’avant-match en véritable chaos. Le coup d’envoi avait été retardé d’une heure et vingt minutes.

Un mois plus tard, rebelote. Cette fois, au Stade international du Caire, en Égypte, lors de la finale face au Zamalek. Quelques secondes après le penalty de la victoire, plusieurs supporters algériens avaient quitté les tribunes pour pénétrer sur la pelouse, provoquant de nouveaux mouvements de foule et une importante agitation dans l’enceinte.

Qu’il s’agisse d’une défaite, d’une qualification ou même d’un sacre continental, les supporters algériens trouvent toujours le moyen de faire parler d’eux pour les pires raisons. À Safi, au Caire ou à Abeokuta, le scénario change à peine. Seuls les stades et les adversaires sont différents.

Il ne s’agit plus de simples débordements isolés que l’on pourrait mettre sur le compte de la passion ou de la frustration. La répétition de ces actes pose un véritable problème de discipline, de responsabilité et de sécurité. Et à force de minimiser ces comportements, le risque est de les voir se banaliser.

La CAF ne peut pas se contenter de condamner les violences après coup, puis attendre le prochain incident. Les sanctions doivent être exemplaires, dissuasives et appliquées sans complaisance, sur la base des responsabilités établies.

Car derrière les sièges arrachés, les projectiles lancés et les envahissements de terrain, ce sont des vies humaines qui sont mises en danger. Et le football africain ne peut pas continuer à subir les agissements d’une minorité de récidivistes qui confondent soutien à leur club et permis de tout casser.

Par La Rédaction
Le 19/10/2026 à 09h39