Pendant des décennies, le football vert et rouge a couru après la reconnaissance. Chaque grande performance des Lions de l’Atlas était accueillie comme un exploit. Mais cette époque est désormais terminée.
Le Maroc n’est plus cette sélection sympathique que l’on félicite lorsqu’elle fait tomber un favori. Il est aujourd’hui l’une des références du football mondial, sixième au classement FIFA, demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 et champion d’Afrique. Des résultats qui ne doivent rien au hasard et encore moins à un simple alignement des planètes. Ce statut, les Lions l’ont gagné, match après match et année après année.
Face à l’Écosse, ce vendredi soir à Boston, l’enjeu dépasse largement les trois points. Ce rendez-vous doit permettre à cette équipe de démontrer qu’elle a définitivement changé de catégorie. Car les grandes nations ne sont pas seulement celles qui brillent face au Brésil, à l’Argentine ou à la France. Les grandes nations sont celles qui savent également répondre présentes lorsque le contexte est différent. Lorsque l’adversaire est moins prestigieux, mais tout aussi dangereux. Et c’est précisément le piège qui attend les hommes de Mohamed Ouahbi.
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L’Écosse ne possède peut-être pas l’aura des géants du football mondial, mais elle dispose de qualités qui rendent chaque rencontre compliquée: une organisation solide, une discipline collective remarquable, un engagement permanent dans les duels et cette capacité typiquement britannique à transformer chaque ballon en bataille.
Les Écossais ont déjà montré contre Haïti qu’ils étaient capables de souffrir sans rompre. Ils viendront au Gillette Stadium avec la certitude qu’un exploit est possible. Ils n’auront aucune pression et surtout, rien à perdre.
Le Maroc, lui, devra composer avec une réalité nouvelle. Pour la première fois de son histoire, c’est lui qui porte l’étiquette du favori. Une responsabilité que beaucoup de sélections africaines ont longtemps rêvé d’assumer sans jamais réellement y parvenir sur la durée.
AFP
Depuis plusieurs années, les Lions réclamaient davantage de respect sur la scène internationale. Ils estimaient, à juste titre, que leurs performances n’étaient pas toujours reconnues à leur juste valeur. Aujourd’hui, ce respect existe, se lit dans les analyses des observateurs et dans le regard des adversaires.
Face au Brésil, les coéquipiers d’Achraf Hakimi ont envoyé un message fort. Ils ont joué avec personnalité, sans calcul excessif, sans cette retenue qui accompagne parfois les équipes impressionnées par l’événement. Ils ont regardé la Seleção dans les yeux et ont montré qu’ils appartenaient à cette table où se réunissent les meilleures nations du monde.
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La difficulté consiste désormais à reproduire cette exigence contre un adversaire dont le prestige est moindre. Car les Coupes du Monde sont souvent cruelles. Elles récompensent rarement les équipes capables de réussir un exploit isolé. L’Arabie saoudite en sait quelque chose: victorieuse de l’Argentine lors de son entrée en lice au Mondial 2022, elle avait pourtant quitté la compétition dès le premier tour. Les grands tournois consacrent avant tout les sélections capables d’enchaîner les performances avec la même exigence, la même concentration et la même rigueur, quel que soit l’adversaire.
Le véritable test de maturité se trouve justement là: dans la capacité à assumer son rang lorsque l’on n’est plus considéré comme un outsider. Le Maroc devra entrer sur la pelouse du Gillette Stadium avec l’humilité que Walid Regragui n’a jamais cessé de prôner, mais aussi avec la conviction et l’assurance d’une équipe qui connaît sa valeur. Respecter l’Écosse, oui. Se brider ou douter de ses forces, certainement pas.
À Boston, les Lions ont l’opportunité d’envoyer un nouveau message. Leur place parmi les meilleures équipes du monde n’est ni une exception ni un souvenir du Qatar. Elle est devenue leur nouvelle réalité. À eux, désormais, de la faire respecter.













