Dans un contexte de recomposition politique en Espagne, la question de la finale de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, continue de faire parler. Depuis plusieurs mois, de l’autre côté du détroit, les responsables politiques sont nombreux à remettre le sujet sur la table, dans une forme de récupération politique où l’obtention de la finale semble presque devenue une question existentielle.
Un nouvel épisode est venu récemment illustrer cette tendance. Sur la populaire radio espagnole COPE, dans l’émission El Partidazo de COPE, le journaliste Juanma Castaño a révélé que le leader du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, candidat à la présidence du gouvernement, envisagerait de proposer, durant sa campagne, que l’Espagne se retire de l’organisation du Mondial 2030 si la FIFA ne lui attribue pas la finale.
Plus précisément, Juanma Castaño a résumé cette éventuelle position en ces termes: «Si on n’a pas la finale, l’Espagne doit se retirer de l’organisation du Mondial 2030». Un message sans détour, qui illustre l’importance prise par cette question en Espagne, au point de remettre en cause une candidature commune initialement placée sous le signe de l’unité et de la coopération entre les trois pays organisateurs.
Cette sortie ne surprend guère, tant les offensives espagnoles se multiplient autour de cette finale, que se disputent notamment le Grand Stade Hassan II de Casablanca, le Santiago-Bernabéu de Madrid et le Camp Nou de Barcelone.
Mais au-delà de la surenchère, cette éventuelle prise de position met également en lumière les contradictions du discours espagnol. Récemment, le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, lui aussi particulièrement attaché à l’obtention de la finale, avait exclu, dans cette même émission, que son pays puisse revenir sur ses engagements. Il avait notamment rappelé que l’Espagne «a signé des accords» avec les organisateurs, «la FIFA et le gouvernement», écartant ainsi toute possibilité de désistement.
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D’un côté, donc, une fédération qui rappelle les engagements pris. De l’autre, un responsable politique qui envisagerait de faire de la finale du Mondial 2030 un argument de campagne, quitte à brandir la menace d’un retrait.
Car au fond, cette nouvelle sortie révèle surtout à quel point le football, et plus particulièrement l’organisation de la Coupe du monde 2030, est devenu un enjeu politique en Espagne. La finale n’est plus seulement une question sportive ou organisationnelle. Elle se transforme progressivement en instrument de pression et en argument électoral.









