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Ahizoune, fossoyeur de l’athlétisme et… de la presse sportive

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La Fédération internationale d’athlétisme a accordé un quota minable aux journalistes marocains, en vue de couvrir les Championnats du monde d’athlétisme de Londres. A qui la faute ? A Abdeslam Ahizoune dont le piètre bilan à la tête de l’athlétisme national n’épargne pas... les journalistes.
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Les XVIes Championnats du monde d’athlétisme auront lieu du 4 au 13 aout 2017 à Londres. Les yeux du monde seront portés sur cet important rendez-vous planétaire. Plusieurs centaines de journalistes y sont conviés pour couvrir l’événement. L’Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) fixe à chaque pays un quota d’accréditations pour la presse.

Figurez-vous que le quota d’accréditions réservé à la presse marocaine se limite à trois journalistes de la presse écrite et à un seul photographe, a appris le360. Quand on sait que le total des accréditations délivrées par l’IAAF s’élève à 900 pour la presse écrite et à 300 pour les photographes, on se rend compte que le Maroc se trouve parmi les derniers de la classe. Il représente, en effet, seulement 0, 0033% en accréditation de presse écrite et exactement le même pourcentage pour les photographes. En tant que journalistes, nous avons presque honte de nous voir assignée une si faible représentation par l’IAAF.

Nous avons cherché à connaître les critères qui fondent l’attribution par l’IAAF des accréditations des journalistes et des photographes qui couvrent les Championnats du monde d’athlétisme. Interrogé par le360sport, Anna Legnani, responsable au service de communication de l’IAAF, précise : «Quand nous définissons les quotas d’accréditation presse, nous prenons en compte différents critères: l’importance du pays dans l’athlétisme (niveau de performances des athlètes), la couverture médiatique de cette discipline et le nombre de journalistes de ce pays qui ont couvert sur place les deux dernières éditions du championnat.»


Lire aussi: Athlétisme: quand Abdeslam Ahizoune désigne ses boucs émissaires


Le premier critère que cite la responsable de l’IAAF est relatif à la performance des athlètes. En matière de performances de nos athlètes, le président de la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA), Abdeslam Ahizoune, peut s’enorgueillir d’avoir ramené zéro médaille lors des derniers JO de Rio et 3 médailles en dix ans de règne. Donc, le Maroc a perdu beaucoup de son importance. Ce qui constitue une raison imparable pour réduire le nombre d’accréditations de nos journalistes.

Quant à la couverture médiatique de l’athlétisme au Maroc, il est vrai que cette discipline, personnifiée par le patron de la FRMA, a été largement couverte. Le président Ahizoune soigne bien son image et il est tellement visible dans la presse qu’on ne voit aucun autre membre de son comité. Le président de la FRMA a mis toute son énergie non pas pour promouvoir l’athlétisme et les centres de formation, mais pour maquiller son bilan catastrophique grâce à une communication tarabiscotée, tendant à transformer les échecs en succès. Pourtant zéro médaille pour l’athlétisme marocain aux derniers JO de Rio, c’est zéro médaille. Les réseaux sociaux qui ont vociféré leur indignation face au naufrage de l’athlétisme marocain ne s’y sont pas trompés. En revanche, il y a eu une communication forcenée dans les médias pour dire que Abdeslam Ahizoune a beaucoup de mérite même il remporte zéro médaille. Il faut saluer la performance !


Lire aussi: Athlétisme: fin de course pour Abdeslam Ahizoune



D’ailleurs depuis qu'Ahizoune a pris les rênes de la FRMA en 2007, les journalistes marocains qui couvrent cette compétition n’ont cessé de se réduire comme peau de chagrin. On n’en comptait pas plus que 4 ou 5 journalistes dans chaque compétition à tel point que même 2M et RTM n’y vont plus.  Pis encore, lors des derniers championnats de Pékin de 2015, il n’y avait qu’un seul journaliste marocain. C’est dire que le président de la FRMA a réussi à la fois à atomiser notre athlétisme et à causer des dégâts collatéraux à la presse et à l’image de notre pays. Donc, même le troisième critère cité par la responsable à l’IAAF (celui qui est relatif au nombre de journalistes qui ont couvert les deux éditions des championnats du mode d’athlétisme) ne résiste pas à l’épreuve du triste bilan d’Abdeslam Ahizoune. Du temps de ses prédécesseurs, il y avait au moins 10 à 15 journalistes qui étaient accrédités pour les championnats du monde.


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Il est à déplorer que sur la base des motifs invoqués par la responsable à l’IAAF, en vue d’octroyer des accréditations aux journalistes, Ahizoune ne répond à aucun des trois critères précités. Le Maroc, qui était connu par ses médailles dans les courses de fond et de demi-fond, fait l’actualité aujourd’hui avec le nombre d’athlètes accusés de dopage.

Avec Ahizoune, l’athlétisme marocain a touché le fond. Si, par malheur, il arrive à la présidence du Comité olympique national (CNOM) qu’il brigue de toutes ses forces, tout le sport national risque de tomber dans les bas-fonds.

Par Hassan Benadad
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