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Hors jeu. Fakhir, l’argent et le foot

Cover Vidéo... Mhamed Fakhir

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Posté le 29/04/2017 à 20h12 par Hassan Benadad (Mise à jour le 29/04/2017 à 22h40)

L’entraîneur M’hamed Fakhir est un phénomène de la nature footballistique. Voire c’est une véritable nature. Il aime être en face de la presse même dans le mauvais sens. Il est souvent dans le contresens de son président Saïd Hasbane. Il perd même le bon sens en s’opposant à lui-même quand il démissionne et demande qu’on lui rende sa copie.

Il n’a pas d’état d’âme en football, ni envers ses joueurs, ni envers son employeur, ni envers ses pairs entraîneurs. L’entraîneur M’Hamed Fakhir est compètent, mais il se comporte en un incompétent qui contredit tout le monde pour se prévaloir. Il devient de ce fait prévisible même dans l’imprévisible quand il prend des virages à 360 degrés.

Au début de la saison en cours, le technicien était en chômage technique après avoir été limogé de l’équipe nationale des joueurs locaux. Au Raja tout allait bien avec l’entraîneur Rachid Taoussi qui a redonné au club son punch après une longue période de vaches maigres. Même si l’argent et la sérénité faisaient défaut, Taoussi a su mener le Raja à bon port. Il devait donc, en toute logique, rempiler pour au moins une autre saison. On ne change pas une équipe qui gagne. Mais comme en football on ne peut rien prévoir, Boudrika et son comité ont cédé la place à Saïd Hasbane.

M’hamed Fakhir qui était à l’affût a profité de cette cacophonie  pour prendre la place de Rachid Taoussi. Usage de bon procédé entre collègues !? Comme quoi le technicien rajaoui n’a pas d’état d’âme même quand un gardien du siège du club a fermé la porte au nez de Taoussi. Mais attention l’histoire nous a appris que cela n’arrive pas qu’aux autres.

La lune de miel n’a pas duré longtemps entre Fakhir et Hasbane. Le premier a commencé à faire des déclarations tonitruantes à la presse en s’en prenant une fois au président, une autre fois aux joueurs, voire au public. Le club n’arrive toujours pas à remplir ses caisses, les joueurs multiplient les grèves et Fakhir menace à, maintes reprises, de démissionner.

Curieusement le Raja cumule les bons résultats, les joueurs patientent mais Fakhir l’insaisissable tacle son président à chaque occasion. Il réclame son dû (salaire mensuel de 250 000 dh et autres primes), menace de démissionner, encore une fois, et finit par revenir à la raison après plusieurs interventions.

Le président est arrivé finalement à renflouer les caisses du club, il paie les salaires des joueurs et de Fakhir. Mais les résultats commencent à être influencés par cette ambiance délétère où Fakhir joue un rôle principal. Le Raja perd à domicile face à l’OCK dans un match joué à huis clos. Fakhir tire sur le public et finit, cette fois-ci, par prendre son courage à deux mains et envoyer la lettre de démission aux dirigeants du club.

Le derby approche. Des rumeurs annoncent la venue d’un nouvel entraîneur. Se sentant piégé, Fakhir demande à son président de lui rendre sa copie de démission sinon la concentration de l’équipe sera mise à mal avant le jour J du derby. Il récupéra sa démission, perd le derby et aurait signé un accord de principe avec les dirigeants de l’Ittihad de Tanger pour la saison prochaine. Pas d’état d’âme, et le choix est judicieux puisque la ville du détroit est proche de l’Espagne où vivrait sa famille. Belle tactique d’un technicien avéré.

Posté le 29/04/2017 à 20h12 Par Hassan Benadad