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L’enfer du décor. Le bal des incompétents

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Alors qu’on vient d’entamer le 1er tiers de la Botola, les deux tiers des entraîneurs ont déjà sauté. Qu’attendre d’un championnat où on change d’entraîneur comme on change de chemise ?
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Les entraîneurs au Maroc se font et se défont au gré des résultats mais aussi des humeurs des présidents et supporters de club. Quand les résultats font défaut, le vent de panique souffle sur les états-majors des clubs, les nerfs craquent et les coupeurs de têtes préparent la sentence fatale. Seul sur le banc de touche, l’entraineur démis repart vers la solitude insondable en cherchant le pourquoi du comment.

Tel est l’état d’âme des entraîneurs marocains ou exerçant au Maroc. Nombre d’entre eux se sont vu signifier leur départ sans avoir mis à exécution leur plan, ni s’être adaptés au climat de la ville où ils exercent. Sinon, comment expliquer que pas moins de onze (11) équipes ont changé d’entraîneur après seulement quelques journées. Statistiquement parlant, et après le déroulement de la 9e journée de la Botola (sachant que plusieurs équipes comptent un ou plus d’un match en retard), on en est à plus d’un entraîneur limogé par semaine. A ce rythme, le football marocain peut postuler au Guiness pour un tel record.

Cependant, le manque de résultats n’est toujours pas la cause du divorce avec les entraîneurs. A preuve, le départ de Youssef Lamrini de l’Olympique de Khouribga vers le KAC de Kénitra. L’entraîneur a dit qu’il n’en pouvait plus des plaintes et complaintes des joueurs n’ayant pas reçu leurs salaires et primes depuis plusieurs mois.

Le cas de Aziz El Amri est également édifiant. Après avoir mené le Moghreb de Tétouan au premier titre de champion du Maroc de son histoire (2012) puis à un second sacre (2014), il était contraint de plier bagage, ne pouvant pas supporter l’immixtion dans son travail de l’omniprésent président Abroun.

Bien avant, le Bosniaque Wahid Hallilhodzic, qui avait mené le Raja aux victoires finales en Ligue des champions (1997) et au championnat national (1998) avait été renvoyé comme un malpropre. Simplement parce qu'un membre du comité directeur avait jugé qu’il noircissait son calepin plus qu’il s’intéressait au déroulement des matchs !

Parti dépité en France, Hallilhodzic réussit la monté en D1 avec Lille, gagna la Coupe de France avec le PSG et par la suite le championnat de la Croatie avec le Dynamo Zagreb, entre autres.

Force est de reconnaître que les maux du football national ne sont pas uniquement d’ordre technique. Que les joueurs d’un club aussi prestigieux que le Raja, considéré comme une locomotive du ballon rond marocain, fassent grève à cause du non-paiement de leurs primes et salaires, cela renseigne sur  le mode de gestion, en somme artisanal et archaïque, des clubs. 

L’incompétence est à chercher du côté des gestionnaires du sport le plus populaire dans le royaume.

Par Abdelkader El-Aine
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