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Hors jeu: Madjer, le foot et l’UMA

rabeh Madjer

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Posté le 28/03/2017 à 13h14 par Hassan Benadad (Mise à jour le 28/03/2017 à 13h35)

L’ex-star algérienne, Rabeh Madjer, n’est pas seulement connue par sa fameuse talonnade qui porte aujourd’hui son nom. Devenu consultant de télévision, il se démarque par sa clairvoyance qui lui permet de parler du Maroc et de l’Algérie sans complexe… Il tente, même, de les réconcilier, via le foot.

L’ex-star du football Rabeh Madjer est l’un des rares hommes en Algérie qui évoque publiquement le Maroc en bien. Contrairement à la plupart de ses concitoyens qui ont été bernés dès leur jeunesse par la propagande anti-marocaine de la junte militaire, il a choisi la neutralité, et donc la raison. Ceci étant, la majorité silencieuse chez notre voisin de l’Est ne cautionne aucunement la haine viscérale de leurs dirigeants envers le Maroc.

Lors de la CAN 2017, Madjer, le consultant, a longuement regretté la disqualification de l’équipe nationale face à l’Egypte. Il a affirmé que le Maroc était nettement supérieur aux Pharaons et qu’il méritait amplement de passer en demi-finales, voire en finale.

Tout récemment il a fait l’éloge de Baddou Zaki, l’entraîneur, mais surtout le grand gardien, «le meilleur qu’il ait pu affronter». La semaine dernière, Majder est allé plus loin dans ses analyses sur la chaîne de télévision algérienne Al Heddaf. Pragmatique ? C’est peu dire quand il évoque l’idée de la coorganisation du Mondial 2026 entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie: «La coorganisation  du Mondial par le Maroc, l’Algérie et  la Tunisie pourrait dissiper beaucoup de divergences politiques entre les pays du Maghreb et redonner vie à l’UMA».

L’idée est plus que pertinente, voire géniale, car le football peut être un remède contre la politique des conflits. D’abord, sur le volet organisationnel, toutes les données plaident pour un Mondial au Maghreb: la géographie, l’histoire, la langue, la proximité physique, footballistique, culturelle, les infrastructures et autres. Ce n’est pas un rêve quand on sait que peu de pays dans le monde cumulent de telles similitudes.

Il suffit donc de le vouloir, d’oublier la politique de l’idéologie et des conflits et de se réunir autour du football, la discipline populaire. Le Mondial 2026 est encore loin et les trois pays ont assez de temps pour parfaire leurs infrastructures, leurs moyens de transport et d’hébergement. Il faut se remémorer l’Espagne d’avant l’organisation de la Coupe du monde 1982, alors qu’elle sortait d’un régime dictatorial.

Le pays était très en retard économiquement. Il était devancé par ses voisins européens en matière d’industrie, d’agriculture et même en matière d’infrastructures. L’organisation du Mondial lui a donné une vigueur économique à tel point qu’il a fallu juste 4 ans pour que l’Espagne soit admise à la CEE, qui deviendra par la suite l’UE.

C’est dire que les bienfaits d’une coorganisation entre les trois pays du Maghreb auront un triple effet aussi bien sur l’économie, le social et la politique. En ouvrant les chantiers de la construction des stades, des hôtels et autres moyens de transport, l’Algérie sortira de son marasme économique et ne sera plus tributaire des seules recettes du pétrole.

La Tunisie retrouvera son dynamisme économique d’antan en investissant dans les infrastructures créatrices d’emplois comme c’est le cas pour l’Algérie. Le Maroc consolidera ses structures et ses infrastructures et percera dans un marché qui lui a été longtemps fermé.

L’ouverture des frontières constitue l’autre atout de la coorganisation du Mondial, notamment entre le Maroc et l’Algérie. Les trois pays retrouveront le flux de circulation des personnes, des marchandises et surtout de la communication entre les peuples. Rabeh Madjer a raison de dire qu’en rapprochant les peuples par le Mondial, on dissipera les divergences et on ouvrira la porte de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), cadenassée depuis des décennies par la faute des dirigeants.

Posté le 28/03/2017 à 13h14 Par Hassan Benadad