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Jawad Ziyat et les autres

Jawad Ziyat, président du Raja de Casablanca. © Copyright : DR
Accabler les présidents des clubs de Botola est devenu un sport national. Mais on ne va pas pour autant s’apitoyer sur leur sort.
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Veni, Vidi, Vici, mais parti. C’est par cette formule de Jules César, légèrement “customisée”, qu’on peut résumer le parcours de Jawad Ziyat à la tête du Raja. Le président des Verts a démissionné de ses fonctions, le dimanche 15 novembre, suite à la pression du public qui exige des “Intidabate” (recrues) avant la fin du Mercato.

Une demande légitime de la part des supporters des Verts, mais qui reste néanmoins incompréhensible après une telle saison. Pourquoi le champion de Botola (une première depuis 2013) et demi-finaliste de la Ligue des champions, un stade qu’il n’a plus connu depuis 2002, doit-il recruter de nouveaux joueurs? Avec tous les moyens dont ils disposent, mêmes le Real Madrid, le Paris Saint-germain, le Bayern de Munich, Liverpool et la Juventus de Turin, champions des 5 grands championnats européens, n’ont pas été très actifs sur le marché des transferts, se contentant de quelques retouches. Pourquoi? Tout simplement parce la Covid-19 est passée par là et a frappé les finances des grands avant les petits clubs.

Cependant, au Maroc, accabler les présidents des clubs est devenu un sport national. Mais on ne va pas pour autant s’apitoyer sur leur sort. D’abord, s’ils en ont assez d’être des victimes expiatoires, ils n’ont qu’à changer de métier. Ensuite, tous ne sont pas de pauvres boucs émissaires. Il y en a des bons, certes, mais il y en a des mauvais et même des très mauvais...

Et si on dressait une petite typologie des présidents de Botola sans citer de noms?

- Le président “shopping addict”. Une fois à la tête du club, il met au point une stratégie imparable: le chéquier en blanc et fait rougir la carte de crédit à coups d’achats de joueurs. Bien sûr, ça marche! Les victoires s’enchaînent et les fans du club sont contents. Ce qu’ils oublient, c’est que quelques années plus tard, leur équipe se voit offrir un abonnement longue durée à la Chambre de résolution des litiges de la FIFA et au Tribunal arbitral du sport (TAS).

- Le président médiatique. Il est de tous les plateaux-télé, de toutes les émissions de radio, intronisé consultant par intérim à titre gracieux. Il sait parler aux médias, maniant avec talent le jargon technique et a un avis à donner sur tout. Même les fans d’un autre club l’adorent, parce qu’il n’hésite pas à titiller un club rival.

- Le président sympa. C’est simple, il est copain avec tout le monde: les entraîneurs, les supporters, les joueurs, les adhérents (qui lorgnent quand même sa place), les journalistes, les arbitres, la Fédération, les agents de la maréchaussée et même les vendeurs de sandwichs autour du stade. En fait, il est le président parfait... tant qu’on n’est pas regardant sur le mercato.

Le président Black Friday. Son vocabulaire est limité aux mots suivants: vente, liquidation, marché des transferts, surenchères, opportunité et gain. Il pourrait vendre toute son équipe et repartir de zéro. Côté résultats, il se maintient toujours en première division. En revanche, pour les titres, les fans peuvent attendre… longtemps.

- Le président amateur. Il est banquier, commerçant, médecin, étudiant ou chômeur. Il n’a jamais mis le pied à une assemblée générale, même pas celle du syndic d’une copropriété, a juste une vague connaissance de la chose sportive, mais prétend tout comprendre, tout analyser, tout expliquer. Sur son territoire, souvent une table de café, il donne à qui veut bien les prendre des cours de gestion. Hélas, il est bien le seul à se prendre au sérieux.

Par Adil Azeroual
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1 commentaires /

  • Med Marocain
    Le 21 Nov. 2020 à 16h52
    Pourquoi ne pas les nommer ? Ils sont connus de tous. Je le fais à votre place :
    - Le président “shopping addict” : Saïd NACIRI
    - Le président médiatique : Hicham AIT MENNA
    - Le président sympa : Jawad ZIYAT
    - Le président amateur (banquier, commerçant, médecin, étudiant ou chômeur) : Tout le reste.
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