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La F1 passe sous pavillon américain

La Mercedes de Nico Rosberg lors du GP de F1 d'Abou Dhabi, le 27 novembre 2016. © Copyright : DR
Liberty Media a pris mercredi le contrôle définitif de la Formule 1 en obtenant l'accord de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA), après celui de ses actionnaires la veille, faisant passer la catégorie reine du sport automobile sous contrôle américain.
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"Le Conseil Mondial du Sport Automobile a approuvé à l'unanimité le changement de contrôle de Delta Topco Limited (société holding du groupe Formule 1 et donc propriétaire des droits commerciaux du Championnat du monde FIA de Formule 1)", qui passe "de CVC Capital Partners à Liberty Media Corporation, lors d'une réunion extraordinaire aujourd'hui à Genève", a indiqué la FIA dans un communiqué.

Elle empoche au passage une confortable plus-value car elle possédait elle-même une participation de 1% dans Delta Topco et que Liberty Media rachète la F1 pour quelque 8 milliards de dollars, dette comprise.

La F1 va maintenant prendre une nouvelle direction, son dirigeant tutélaire, Bernie Ecclestone, âgé de 86 ans, devant passer progressivement la main à l'homme de Liberty Media, le sexagénaire Chase Carey, ancien bras droit d'un autre magnat des médias, Rupert Murdoch pour qui il avait développé la chaine Fox Sports.

La F1 "concernait en 2016 cinq continents, 21 pays, 21 courses, 400 millions de fans et une population très intéressante pour les sponsors et les annonceurs", se félicitait récemment Gregory Maffei, le directeur exécutif de Liberty Media. "C'est assez rare, et pratiquement impossible, de pouvoir acheter une franchise sportive de la taille de la Formule 1. Vous ne pouvez pas acheter les jeux Olympiques, ou la FIFA" (Fédération internationale de football), a-t-il ajouté.

Liberty Media, dont le propriétaire est le très discret milliardaire John Malone, veut finaliser le rachat d'ici la fin du trimestre, juste à temps pour le premier Grand Prix de la saison en Australie le 26 mars.

Mais la F1 traverse actuellement une passe difficile, face à la désaffection du public de moins en moins nombreux à regarder les courses, que cela soit sur les circuits du monde entier ou à la télévision.

Les gérants des circuits ont de plus en plus de peine à réunir les sommes coquettes réclamées pour obtenir le droit d'accueillir le "plateau", composé d'environ 20 voitures et pilotées par des champions comme Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton ou encore Nico Rosberg, couronné l'an dernier mais qui a aussitôt annoncé sa retraite, à 31 ans.

Lent déclin
Si la France doit faire en 2018 son retour au calendrier après en avoir été absente pendant dix ans, la Malaisie a annoncé son intention de jeter l'éponge alors que des menaces pèsent sur l'organisation du Grand Prix d'Angleterre sur le mythique circuit de Silverstone. Même si des pilotes allemands, Sebastian Vettel et Nico Rosberg, ont remporté cinq des sept derniers titres des pilotes et que Mercedes règne en maitre sur les courses, l'Allemagne sera encore absente cette année du calendrier.

Pour enrayer ce lent déclin, Liberty Media souhaite accroître le nombre de courses: 20 sont prévues cette année, notamment aux Etats-Unis où seulement une seule est au programme, au Texas en octobre.

Mais il lui faudra convaincre non seulement la FIA mais aussi la dizaine d'écuries alors que des négociations difficiles vont bientôt s'engager sur le partage des 1,8 milliard de dollars générés annuellement par le sport, l'accord actuel expirant en 2020.

La répartition est aujourd'hui très inégale, les écuries de pointe comme Ferrari, Mercedes, Red Bull et McLaren se réservant la part du lion et les petites écuries se contentant des miettes. Deux d'entre elles, Force India et Sauber, ont d'ailleurs déposé plainte devant la Commission européenne pour protester contre ce traitement.

Liberty Media pense également à augmenter les revenus résultant de la retransmission des courses par des chaînes de télévision payantes alors que les revenus de la télévision représentent actuellement environ 30% du total. Mais cela risque en retour de diminuer encore plus le nombre de spectateurs et de déplaire aux sponsors.

Pour contourner cet écueil, les nouveaux propriétaires de la F1 évoquent le développement des applications numériques mêlant les courses à la réalité augmentée et virtuelle afin de drainer un public de moins en moins enclin à s'asseoir passivement devant sa télévision pour regarder des bolides tourner en rond, mais aussi pour attirer davantage d'annonceurs.

Par Le360 (avec AFP)
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